La commission des affaires Européennes, présidée par M. JEAN BIZET a adoptée 12 juillet 2018 le rapport d’information de Simon Sutour sur les relation entre l’UE , Israël et les Territoires palestiniens.

Les relations entre l’Union européenne et Israël sont à analyser sous plusieurs angles. Le premier, historique et philosophique, nous conduit à considérer ce pays comme un allié naturel au Proche-Orient, incitant l’Union européenne à développer avec lui un partenariat privilégié et avancé. Le deuxième angle, celui de la coopération économique et scientifique, vient confirmer cette logique de renforcement inéluctable des liens, l’accord d’association signé entre l’Union européenne et Israël en 1995 pouvant s’apparenter à une première étape. Le troisième prisme, celui du conflit israélo-palestinien, vient troubler cette perception. Les valeurs défendues par l’Union européenne, au premier rang desquelles le respect du droit international, et son souhait de s’affirmer comme un acteur politique dans la région se heurtent logiquement à l’intransigeance de l’État hébreu, plus enclin à s’appuyer sur les États-Unis sur ces questions. En découle une relation complexe, paradoxale par moments, où les succès de la coopération sur les terrains économique et scientifique contrastent avec un discours politique plus sévère, gelant toute perspective d’approfondissement.

La relation avec les Territoires palestiniens est, quant à elle, en large partie financière. L’Union européenne est, en effet, le principal bailleur de fonds de l’Autorité palestinienne. Reste que cette logique de subvention peine aujourd’hui à se transformer en un véritable partenariat, autour de priorités préalablement définies.

Cette situation de blocage invite à repenser la stratégie de l’Union européenne dans la région. Elle conditionne en effet toute avancée dans les relations avec les deux pays à des progrès dans le règlement du conflit et à la concrétisation de la solution à deux États. Cette logique de prime abord vertueuse s’avère in finecontreproductive. La révision de la politique de voisinage mise en oeuvre depuis décembre 2015 doit donc constituer l’occasion d’une relance des discussions avec Israël, d’un côté, et les Territoires palestiniens, de l’autre. Le maintien du statu quo ne pourrait que décrédibiliser l’action de l’Union européenne sur place.

RAPPORT D’INFORMATION